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Detente
VEHICULES PRIORITAIRES ET AMBULANCE
Category: Divers Published on Monday, 27 July 2009 15:24 Hits: 1705
A l’éternelle question, moi même avant de connaitre les débats je me disais ambulance privée prioritaire ? Jamais vu ! Et pourtant il faut savoir que :
l’article R311-1 du Code de la Route :
« Véhicule d’interêt général bénéficiant de facilités de passage : ambulance de transport sanitaire, véhicule d’intervention d’Electricité de France et de Gaz de France, du service de la surveillance de la Société nationale des chemins de fer français, de transport de fonds de la Banque de France, des associations médicales concourant à la permanence des soins, des médecins lorsqu’ils participent à la garde départementale, de transports de produits sanguins et d’organes humains, engin de service hivernal et, sur autoroutes ou routes à deux chaussées séparées, véhicule d’intervention des services gestionnaires de ces voies. »
Les véhicules AP sont donc équipées de feux spéciaux à éclats et d’une siréne « trois tons » (do-mi-do-silence) qui signifie aux usagers de la route une facilité de passage mais en aucun cas une quelconque priorité.
Ces urgences sont généralement demandées par des médecins généralistes qui donnent une prescription médicale de transport cochées « urgent » ou des établissements de soins.
et
article R311-1 du Code de la Route, modifié par décret du 10/05/2007 :
« Véhicule d’interêt général prioritaire : véhicule des services de police, de gendarmerie, des douanes, de lutte contre l’incendie, d’intervention des unités mobiles hospitalières ou, à la demande du service d’aide médicale urgente, affecté exclusivement à l’intervention de ces unités et du ministère de la justice affecté au transport des détenus ou au rétablissement de l’ordre dans les établissements pénitentiaires »
Donc à destination du grand public, des agents de force de l’ordre et autres moi y compris il faut savoir qu’une ambulance privée mandatée pour une mission dans le cadre d’une intervention SAMU ou avec une precription médicale avec la mention URGENCE défini le véhicule et son équipage comme prioritaire.
Le fait d’avoir les lumières allumées voir la sirène DEUX TONS indique un caractère urgent et cela implique une règle de citoyenneté à savoir laisser le passage. Bien sûr et comme toute autre profession voué au secours à la personne il faut prendre compte le fait que la sécurité et la prudence est de mise. Autrement dit TOUT véhicule même les pompiers doivent respecter les règles élémentaires de sécurité routière.
Un feu rouge peut être « brûlé » mais à condition de rouler au pas en surveillant bien que les véhicules qui arrivent sur les côtés et en face ont bien pris en compte le caractère urgent et assurent de laisser le passage.
Je cite un extrait d’un texte concernant les sapeurs pompiers mais qui est transposable à toute profession effectuant des missions de transports de personnes à caractère urgent :
« LA RESPONSABILITE INDIVIDUELLE DU SP DANS LA CONDUITE D’UN VEHICULE DU SDIS
Le code de la route confère aux véhicules de lutte contre l’incendie une priorité de passage aux intersections. De même, certaines prérogative, comme la vitesse maximum fixée par les dispositions réglementaires, ne sont pas applicables aux conducteurs de vehicules de lutte contre l’incendie lorsqu’ils se rendent sur les lieux où leur intervention urgente est necessaire. Il exonère egalement les passagers des vehicules de secours de l’obligation de mettre la ceinture de sécurité.
Ces dispositions n’affranchissent pas les conducteurs de vehicules de sapeurs pompiers d’une obligation generale de prudence : commet une faute le conducteur d’un véhicule de lutte contre l’incendie qui aborde un virage sans visibilité à une vitesse excessive et en empruntant la partie gauche de la route, sans s’assurer que les conducteurs survenant en sens inverse aient perçu ses signaux et aient eu le temps de se ranger sur leur droite. Il est entierement responsable de la collision intervenue avec un automobiliste arrivant en sens inverse, dès lors que rien ne prouve que des voitures en stationnement l’aient obligé à emprunter la partie gauche de la chaussée, ni que l’automobiliste ait entendu le signal sonore. Là aussi, le SP fautif peut se voir reprocher une faute individuelle (le non-respect de l’obligation générale de prudence) alors que le SDIS sera recherché en dommages et interets (indemnisation des blessures de la victime par exemple). »
Rouler vite oui et non car il faut aussi prendre en compte les données suivantes :
Posté par Dr House sur un forum de sapeur pompier. Je l’ai copié car j’ai trouvé la réponse très intéressante d’un point de vue pédagogique et d’un point de vue connaissance :
J’aimerais ajouter un petit truc de ma part concernant les effets du transport sur l’organisme humain, au cas où certains (AP comme SP) roulent comme Fangio pour aller sur une inter et pour aller aux urgences avec le patient à son bord.
Alors un petit rappel pour certains car le transport d’une personne est un facteur de stress qui s’ajoute à la pathologie initiale. Durant le transport en ambulance/VSAV, les effets de la conduite vont avoir des retentissements sur l’état du patient.
Lors d’une accélération brutale, le sang va être poussé vers les pieds, au contraire lors d’une décélération brusque, il va être propulsé vers la tête.
Ce phénomène est accentué si la victime présente des troubles de la circulation avec une PA basse (hémorragies par ex.). Dans cette situation, les accélérations et décélérations peuvent avoir des conséquences sur la PA.
Les chaos de la route, la rudesse du brancard et les vibrations entraînent des secousses qui ont des conséquences en cas de trauma du patient. Des douleurs peuvent survenir lors du transport, rendant celui-ci particulièrement insupportable.
Parlons aussi du « mal des transports » qui est un phénomène très fréquent en particulier chez les enfants de 3 à 12 ans et les personnes âgées.
Toutes les informations du transport (vision, sensation de vitesse, équilibre…) sont transmises au cerveau et analysées.
Quand un patient est allongé sur un brancard, à l’inverse du sens de circulation et sans point de repère visuel, l’organisme ne parvient pas à organiser les informations, ainsi l’organisme est comme « déboussolé ». De plus, il existe des connexions entre les centres de l’équilibre et le nerf vague (pneumogastrique), ce qui explique l’apparition de malaise, nausées, vomissements et somnolence. Ces sensations sont favorisées aussi par d’autres facteurs extérieurs : les odeurs, la chaleur, le confinement et le bruit.
Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire sinon que les dérogations dont nous, AP et SP, bénéficions du Code de la Route doivent être adaptées à la mission : l’ambulancier ou le sapeur-pompier
doit accommoder son comportement sur la route.
Conduire une ambulance ou un VSAV oblige l’ambulancier ou le sapeur-pompier à une plus grande vigilance des règles de sécurité et du Code de la Route. Les droits qui sont accordés aux AP ou SP ne doivent pas faire l’objet d’abus, ceux-ci étant bien evidemment sanctionnables.